Jetez un coup d'oeil à la Gallerie 'Flowers and Gardens' dans laquelle je viens de rajouter des photos qui devraient vous réchauffer le coeur en ces temps hivernaux.
Le Blog d'Alexis - Alexis'
Blog
If you want to dream awaken...
... read Haruki Murakami's The wind up bird chonicles
If you want to knwo where we come from and where we're headed up...
... read Jared Diamond's Guns, Germs and Steel
If you want to read a real page-turner that also teaches you lot about history...
... read Robert Harris' Pompei and Imperium
By listening to this great song
Il pleut sur la Bastille…
...des gouttes grosses comme des larmes de crocodile. C'est bien normal et c’eût été choquant si en un tel jour le soleil s’était mis à briller sur les toits de la ville qu'elle aimait tant.
Janine est morte avant-hier, lundi 6 août 2007.
Janine et moi étions cousins et d'un air malicieux, c'est ainsi que nous aimions nous présenter à ceux qui se demandaient ce qu'une grande dame blonde de 50 ans mon aînée faisait en ma compagnie, et ce qu'un garçon puis un homme de 50 ans son cadet faisait en la sienne. En fait, Janine était la cousine de mon grand-père maternel. Nous étions tous deux des enfants uniques et malgré nos âges bien différents nous ressentions une réelle complicité.
Elle fut une amazone exemplaire de ce 20ème siècle: jamais mariée, souvent aimée, elle aura mené sa vie comme un combat jusqu'au dernier souffle. Ceci ne vint pas sans prix même si elle maintenait le contraire.
J’aimais écouter les histoires et Janine aimait raconter : Elle était née à Paris en 1920 dans le Marais et vécut longtemps sur le Boulevard Henri IV. Elle fut une spectatrice engagée d’un siècle qui fut agité pour les Parisiens : la débâcle en 40 puis l'occupation, la soudaine disparition de certains clients du ghetto juif voisin (elle se rappelait avec émotion une femme rousse et belle avec trois ou quatre enfants qui avait l'habitude de venir dans la crèmerie de sa mère et qu'elle ne revit plus après la rafle du Vel d'Hiv), la Libération, l’Après-guerre et les petits boulots, un poste à la Délégation Belge, des séjours en Angleterre pour parfaire son anglais, son petit appartement boulevard Henri IV, les trente glorieuses, les années à la COFACE, chez Good Year, la librairie et les vaches maigres, la Fiat 500, les congés payés dans le Sud-ouest, le combat perdu d’avance contre le cancer du sein, la retraite,...
Janine m'avait accompagné à différents moments importants de ma vie : Lorsque j'étais enfant elle venait dans le sud-ouest presque chaque été nous rendre visite et elle me gâtait toujours. Cette parisienne élégante, forte et indépendante me fascinait. Adolescent elle me recevait chez elle à Paris pendant les vacances. Paris était pour moi une source inépuisable de fascination et je m’étais promis très jeune d’y vivre un jour. Après le bac elle m'aida à trouver une chambre de bonne lorsqu'enfin mon rêve se réalisa. Enfin après une longue séparation je revins à Paris en 2000 sans savoir à ce moment là que c’était à mon tour de l’aider.
Janine avait 80 ans et moi 30. Sur le papier, elle était une vielle dame mais dans sa tête elle était toujours une jeune femme. Elle parlait des ‘vieux’ sans s’y inclure, et, jusqu’au bout, refusa de s’avouer vaincu par le temps. Elle vivait seule dans un grand appartement et ne dépendait de personne. Nous nous voyions de temps en temps car le hasard ( ?) avait fait que Loïc et moi avions (difficilement) trouvé un appartement à deux ou trois rues du sien. Elle pratiquait assidument le Yoga. Un matin alors que sur le dos elle faisait la chandelle puis baissait ses jambes au dessus de sa tête elle se fit très mal. Il apparut après des examens qu’une ostéoporose avait petit à petit grignoté ses os et qu’elle venait de se faire très mal aux vertèbres et ce de façon irrémédiable. Elle qui se tenait jusqu'alors si droite et fière allait bientôt se retrouver courbée par la maladie. Janine n’aimait pas me demander de l’aider car inconsciemment elle savait que cela voulait dire la fin de son indépendance, ce que je comprenais volontiers car je suis aussi indépendant qu’elle. Elle n’appelait pas et c’était toujours moi qui insistais pour l’aider.
C’est ainsi que malgré elle je devins un peu ses bras et ses jambes. Quel hiver était-ce? 2001 peut-être? En tout cas il faisait terriblement froid cet hiver là. Dehors il y avait de la neige et du verglas. Impossible pour elle de sortir. Je fis ses courses et le miennes en même temps. Bien sûr nous avions quelques idées différentes sur les courses elle et moi: pour moi, faire les courses consiste à aller à un seul endroit (le Monoprix) et y trouver le maximum de choses (et même certaines choses non indispensables tel que le Nutella ou le nouveau Harpic Toilette à la feuille d'eucalyptus en forme de panda rose à poser au dessus de la cuvette…) pour Janine les courses consistaient en un jeu de piste bien réglé établi selon liste que rien ne devait venir changer (les côtelettes de porc à la boucherie Untel, les filets de merlu à la poissonnerie 'non pas celle au coin de la rue mais celle à l'autre bout de la ville car ils y sont meilleurs', les fromages et bien... oui chez le fromager etc.... le résultat était que je passais plus de temps à faire ses courses que les miennes!! Et si jamais je m'aventurais à lui prendre du jambon au supermarché au lieu du charcutier elle s'en rendait compte tout de suite... Dieu merci Picard, mon bon ami Picard, eut la bonne idée d'ouvrir un magasin à mi chemin entre son appartement et le mien et à force de persuasion je réussis petit à petit à la persuader que c'était bon et pratique (mais un peu cher certes).
Janine qui était fan de radio et n’avait jamais possédé de télévision se laissa influencer. Je lui apportai bientôt une télévision (elle ne pouvait plus sortir et ne pouvait donc plus aller voir ses amis, les expos du moment, boire son café le matin dans son bistro favori après le marché…) et j’espérais que la télévision lui apporterait un peu de réconfort. Evidemment après de années de France Culture et France Inter elle trouva la plupart des émissions totalement ‘Débiles’ mais heureusement Arte trouva quelques qualités à ses yeux. La télé que nous achetâmes possédait même un magnétoscope intégré et je lui offrai quelques cassettes. Elle en fut très impressionnée même si cela ne valait vraiment pas une bonne salle de cinéma !!
Elle alla mieux tout doucement et je continuais de la visiter souvent. Elle put à nouveau marcher et faire ses courses elle-même. Après que j’eus insisté longuement, elle finit par accepter de se déplacer avec un canne – ‘Cet instrument pour les vieux qui ne tiennent plus sur leurs jambes !’. La vie reprit et il sembla pendant un certain temps qu’elle allait enfin retrouver ses forces.
Janine était un vrai gourmet que ses origines du Sud Ouest par sa mère, et de Normandie par son père, expliquaient aisément. Elle dévorait, se pourléchait les babines et n'hésitait jamais à se resservir. Lorsque nous allions au restaurant tous les deux je savais que nous y resterions au moins deux bonnes heures. Et lorsque nous étions dans le sud chez mes parents pour Noël elle se délectait à l'avance des mets que mon père allait nous servir et nous savions que lorsqu’elle était avec nous ce serait forcément ‘Salade, Fromage et Dessert’.
Elle était comme son appétit : entière et vraie. Si une personne lui déplaisait elle ne faisait aucun effort. Si une autre lui plaisait elle le lui disait. Elle traçait sa voie et ne s'intéressait pas de ce que l'on pouvait penser ou dire d'elle. Elle ne m'a jamais parlé de mon homosexualité non pas qu'elle l'ignorait mais au contraire pour elle, c'était un non-sujet: J'étais Alexis, son cousin, elle m'aimait et le reste comptait peu. Elle adorait Loïc et le considérait comme un membre de la famille. Elle m'en parlait souvent avec tendresse. La dernière fois que je l'ai vue elle me parlait encore de lui.
Il y a trois ans de cela Janine a fait une attaque cardiaque un soir où j’étais avec elle. Nous avons fini tous les deux aux Urgences elle sur un brancard et moi à côté d’elle à lui tenir la main. J’étais pourtant celui qui avait le plus peur des deux. Lorsque je suis enfin rentré chez moi à deux heures du matin j’ai compris que tout était fini et en effet deux mois plus tard nous organisions son déménagement vers une maison de retraite dans le Sud près de chez mes parents. Janine avait une main handicapée suite à son accident vasculaire et il n’était plus possible pour elle de vivre seule. Ma mère est venue m’aider car je n’en pouvais plus. Elle a organisé son déménagement. Un des cousins de Janine est venu l’emmener en voiture pour Tarbes. J’étais en pleurs sur le trottoir à regarder la voiture s’éloigner. Ce fut sa première mort.
Janine survécut deux années à sa séparation d’avec Paris. Elle survécut plus qu’elle ne vécut. Nous nous appelions au téléphone mais que se dire lorsqu’on attend la mort avec impatience. Son corps la faisait souffrir.
La dernière fois que je l'ai vue c'était il y a une semaine exactement: 3 jours avant qu'elle ne s’en aille. Je suis heureux de l’avoir revue une dernière fois, j’aimerais pourtant pouvoir effacer de ma mémoire son visage qui déjà n’était plus tout à fait celui plein de vie que j’avais connu. Janine m’avait à plusieurs reprises dit que désormais elle ne souhaitait plus prolonger cette vie de souffrance et de déchéance. Elle qui avait vécu si fort et qui avait toujours pris les décisions ne supportait plus l'état dans lequel elle se trouvait du fait de la maladie. Elle se battit jusqu’au bout mais arriva le moment où elle décida du jour au lendemain de ne plus s’alimenter.
Lorsque je suis entré dans la chambre elle était allongée sur son lit. Elle m'a sourit alors qu’elle n’avait même pas la force de tenir sa tête droite. Mes yeux se sont remplis de larmes. J’aimerais pouvoir oublier Elle était si maigre et si faible. Elle ne savait plus trop où elle se trouvait. Elle croyait être à Paris. Par moment elle semblait très lucide et par d’autres très loin. Je lui ai tenu la main. J'avais pour habitude à chaque fois que nous nous voyions de lui dire que nous nous reverrions bientôt mais je savais que cette fois ce ne serait pas le cas et je ne voulais pas jouer la comédie. On ne ment pas à une personne que l’on aime et qui meurt. Je lui ai dit que j'étais venu lui dire adieu et lui souhaiter un bon voyage. Je lui ai demandé si elle croyait au Paradis, elle m'a dit 'oui maintenant'. Je lui ai dit que je n'y croyais pas mais que j'y croirai certainement le jour où à mon tour je serai allongé dans un lit d'hôpital en train d'attendre la mort. Je lui ai enfin dit que je l'aimais. Elle m'a tendue sa main, m’a sourit et s'est endormie ainsi.
La pluie vient de cesser et le Génie de la Bastille brille à présent dans un ciel bleu délavé. Je sais que Janine est heureuse en ce moment.
Great Flash games (when you don't have too much work going on ;-)
http://www.chilloutzone.de/blog/pivot/archive.php?c=flashgames
(It's all in German, but the games are always explained in English)
This one is great:
Watch this video clip till the end (at first it looks just cute and nice but at then end you'll see it is much more than this...) Once again France is a the top of the fight against AIDS and the discrimination against people who are sick.
Regardez ce clip jusqu'au bout car cela vaut la peine (au début c'est mignon et un peu culcul mais à la fin vous verrez que c'est beaucoup plus que cela...). Encore une fois la France est la pointe de la lutte contre le SIDA et la discrimination.
It is entitled 'Chambre d'hôtel dans le sud' and I found it at the Gallery 'Au Bonheur du Jour'
Dans les années 80-90, j’ai photographié avec frénésie des hommes jeunes comme pour arrêter le temps de leur plénitude. D’où le titre de l’exposition d’aujourd’hui qui évoque le temps passé, les souvenirs d’une époque révolue. Celle de notre jeunesse.
Mes photos ne revendiquent rien que le bonheur d’être soi et d’être ensemble. Elles parlent beaucoup d’amitié, de tendresse, d’amour mais ne plaident pas pour « la cause gay ». Même si leur composante homoérotique est évidente. Elles vont au-delà des modes. Elles témoignent en fait d’une réalité qui a toujours existé et qui existera toujours, du puissant et mystérieux élan qui porte un être vers un autre. Un élan rare et fragile qui touche au sublime instant d’éternité quand il est partagé. Dans ce sens, elles évoquent plus l’univers de Brokeback Mountain (quoique moins dramatique) que celui du Marais... Elles s’inspirent aussi de mes lectures (Marguerite Yourcenar, Constantin Cavafy, Whalt Whitman, EM Forster, François Augiéras, Michel del Castillo, Daniel Guérin...)
Les hommes que j’ai photographiés ne sont pas des comédiens ou des mannequins sublimes mais des gens simplement ordinaires transfigurés, magnifiés par la magie de la rencontre et de la photographie N et B argentique. Réalisées sans artifice, le plus souvent en extérieur et à la lumière du jour mes photos évoquent la liberté, la nature, la vie... C’est du moins l’esprit dans lequel j’ai voulu les faire.
This morning, late for work, sitting in the metro, slightly nauseous, a woman and her son sat in front of me. The kid was 6 or 7, maybe a bit handicapped, his face was not harmonious. He was very lively and funny. At least one of his fingers always connected with his mother's hand. I had my headphones on but I could tell they had a very sensible discussion about their surroundings. As kids usually do, the little boy asked questions to which his mother seemed to answer very naturally. They were very touching.
I guess I was looking at both of them for quite some time when the woman looked up and smiled to me. I smiled back.
It was my stop. I left them behind, blissful and bound like only a mother and child can be.
It was just the kind of smile I needed this morning.
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